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La parentalité positive est-elle islamique ?

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Vous avez certainement entendu parler de ce « concept » en vogue depuis quelque temps déjà : la parentalité positive ou éducation bienveillante ou bien encore éducation non violente. Est-ce un simple concept ? N’est-ce qu’une nouvelle mode éducative ?

Bien plus que cela nous allons voir qu’il s’agit d’un réel mode de vie en soit, et même d’une philosophie de vie. Ses portes paroles : Isabelle Filiozat, Adele Faber et Elaine Mazlish et bien avant eux : Françoise Dolto, Maria Montessori …

Tous sont venus proposer d’autres méthodes éducatives, plus respectueuses de l’enfant, cherchant à le comprendre. Mais alors l’éducation bienveillante c’est quoi ? Car fondamentalement et à priori tout parent est bienveillant !

Oui dans l’intention tout parent non défaillant est bienveillant envers son enfant, néanmoins, dans les actes, dans la façon d’agir, de parler il arrive bien souvent de ne pas l’être. Article écrit par Mahdiya

Les grandes lignes de la parentalité positive

La bienveillance éducative mais plus encore la parentalité positive consiste à apporter à l’enfant un cadre et des règles de manière constructive afin que le message que l’on souhaite lui transmettre soit ancré positivement. Être dans l’éducation bienveillante c’est tenter d’éduquer l’enfant en respectant qui il est et ce qu’il est, s’adapter à sa personnalité, comprendre aussi son fonctionnement d’enfant, faire avec et non pas contre. C’est accompagner l’enfant dans son processus plutôt que de faire à sa place, c’est l’aider à prendre confiance en lui, à se construire et s’épanouir sans entraver son individualité.

Isabelle Filliozat qui reprend comme nous le verrons une voie déjà amorcée avant elle, s’appuie sur les récentes études en neurosciences qui ont permis de mettre en lumière le fait que l’enfant n’est pas un « mini adulte ». Son cerveau, comme le reste est immature, il n’est pas capable dès tout petit de comprendre, d’assimiler et d’analyser comme un adulte. Il ne peut pas avant un certain âge faire preuve d’abstraction, tout comme il lui est difficile les premières années de maîtriser ses émotions. Tout cela est un apprentissage complexe. Néanmoins, malgré son immaturité, la parentalité positive vient repositionner certaines choses :

L’enfant est immature mais ne mérite t’il pas le même respect que tout autre personne ?

Pendant longtemps l’éducation de l’enfant exigeait de lui qu’il se comporte comme un «adulte» en terme de gestion des émotions et de respect des normes sociales. Hors les normes sociales diffèrent tout d’abord d’un pays à l’autre, mais surtout ne sont pas innées, elle sont le fruit d’une acquisition. Auparavant, on traitait l’enfant de manière rabaissante, ne lui accordant pas de place au sein de la famille voir de la société, l’enfant devait obéir et se taire, son avis, sa voix n’étaient pas entendus, il n’était pas respecté en temps qu’individu. C’est du moins ce qui était le plus fréquent dans de nombreux foyers occidentaux, nous ne parlons pas ici des mœurs éducatives étrangères bien sûre.

Aujourd’hui l’éducation bienveillante nous invite à inverser la tendance et cela éclairé par des travaux scientifiques, nous permettant de comprendre le fonctionnement cérébral et émotionnel infantile.

Ainsi, il s’agit d’apporter un cadre éducatif à l’enfant en respectant son individualité, en lui donnant droit de paroles, d’expression, de pensée tout en ayant conscience de son immaturité émotionnelle et affective.

Que nous disent ses « porte paroles » ?

Quelques citations, des phrases simples qui en disent long sur le sens profond et les valeurs que véhiculent ce mode d’éducation : le respect, la bienveillance, l’amour, la compréhension, la compassion, la communication non violente etc. en sont l’essence même.

Françoise Dolto disait :

« Il faut une très grande maturité pour être capable d’être parent, car cela implique d’être conscient que ce n’est pas une situation de pouvoir, mais une situation de devoir, et qu’on n’a aucun droit à attendre en échange. »

Parler de ce que fait l’enfant, ce » n’est pas ça une psychothérapie, c’est dire tout ce que tu fais, c’est pour me dire quelque chose, et j’essaie de comprendre ce que tu veux me dire. Ce n’est pas ce qu’elle fait en apparence qui est important, c’est ce qu’elle vous dit par son comportement.

Maria Montessori :

L’adulte est pour lui un objet particulier d’amour. L’adulte passe à côté de cet amour mystique sans s’en apercevoir. Et ce petit être qui nous aime grandira et disparaîtra. Qui donc nous aimera jamais comme lui.

L’enfant qui naît n’entre pas dans une ambiance naturelle : il entre dans la civilisation où se développe la vie des hommes. C’est une ambiance fabriquéeen marge de la nature, dans la fièvre de faciliter la vie de l’homme et son adaptation.

Dire à un enfant qui a mal ce n’est rien, revient à l’embrouiller, car on son impression alors que justement, il en cherche la confirmation auprés de nous.

Isabelle Filliozat :

Respecter les émotions d’un enfant, c’est lui permettre de sentir qui il est, de prendre conscience de lui-même ici et maintenant. C’est le placer en position de sujet. C’est l’autoriser à se montrer différent de nous. C’est le considérer comme une personne et non comme un objet, lui donner la possibilité de répondre de sa manière très particulière à la question : qui suis-je? C’est aussi l’aider à se réaliser, lui permettre de percevoir son « aujourd’hui » en relation avec « hier » et « demain », d’être conscient de ses ressources, de ses forces comme de ses manques, de se percevoir

Prenons le temps de profiter de chaque instant de chaque étape de la vie de notre enfant. ça passe toujours trop vite.
Il n’y a jamais qu’une seule vraie urgence: AIMER! Le reste, après tout, est-ce vraiment si grave?

Les parents punissent parce qu’ils sont dépassés et impuissants.
L’enfant le perçoit et perd confiance en ses parents, cela l’insécurise, et cette insécurité se manifestera par davantage de comportements déviants.

Des outils simples pour commencer :

Voici quelques outils concrets, des pistes avec exemples pour illustrer. Bien sûr ce ne sont que des exemples qui peuvent pour certains être appliqués tel quel mais qui ont surtout pour but de vous aider à comprendre la philosophie, le principe fondamental afin que cela devienne pour vous inné. En effet l’objectif n’est pas de reproduire à la lettre chaque conseil que vous trouverez, mais d’apprendre quel est le meilleur comportement pour votre enfant car chaque enfant, chaque parent, chaque famille est différente et chacun dois trouver en se faisant confiance à soi et mutuellement ses propres techniques éducatives.

Quelques exemples :

Dissocier l’enfant de ses actes, l’enfant qui fait une bêtise n’est pas mauvais d’ailleurs peut être ne sait il pas que ce qu’il fait est mal. Vous parents n’êtes pas non plus l’acte que vous venez de poser, nous ne sommes pas un acte posé à un instant donné. Il est donc important de dire à l’enfant que ce n’est pas lui qui est mauvais, mais ce qu’il à fait. Que ce n’est pas lui que nous n’aimons pas mais ce qu’il à fait. Ce qui est très différent.

Lorsque l’enfant se fait mal et qu’il viens vers vous, plutôt que de lui dire «  ce n’est rien » dites lui que vous comprenez, que oui cela fait mal mais que la douleurs va passer. Demandez lui s’il veut un bisou, que vous souffliez dessus, un pansement etc.

Quand vous parlez à votre petit, mettez vous à sa hauteur, accroupi pour ne pas le « dominer ».

Expliquez lui les règles en les formulant positivement. Par exemple au lieu de dire «  tu ne dois pas sauter sur la canapé » dites «  sur le canapé on s’assoit ou on se couche c’est tout ». Au lieu de dire «  ne va pas sur la route «  dire «  marche à côté de moi, sur le trottoir ». Etc.

Ne pas donner plus de 3 consignes maximum à la fois.

Un enfant expérimente : il ne connais pas les règles de vie en société, il est important de les lui rappeler avec des termes simples afin qu’il les assimiles.

Certaines choses ne sont des bêtises que parce que nous adultes disons que ce sont des bêtises, quand nous étions enfants nous appelions cela un jeu ! Ne l’oublions pas !

En fin de compte nous pouvons dire que la parentalité positive est simple ce qui l’est moins c’est de gérer nous, parents nos propres émotions, et en arpentant cette voie de la bienveillance chaque parent s’apercevra qu’il a lui-même bien du mal à gérer certaines de ses émotions, tandis qu’il voudrait que son petit enfant maîtrise les siennes. Il s’agit donc d’un cheminement et nous grandissons avec nos enfants.

Cheminer vers la bienveillance c’est aussi cheminer pour soi-même car cela va permettre une introspection, une remise en question et une analyse de soi. En effet l’adulte pourra se questionner : Pourquoi tel comportement m’est si insupportable ?

Pourquoi est-ce que je me mets en colère ?

ou au contraire pourquoi suis-je incapable de maintenir un cadre et ériger des règles ?

Il est fréquent que les parents d’aujourd’hui reproduise le modèle éducatif qu’ils ont connu petits ou bien qu’ils aillent à son opposé justement. Mais encore plus insidieusement que certains comportements soient le résultats de réactions émotionnelles encore immatures parce que l’individu n’a lui même pas été suffisamment et/ou convenablement accompagné dans la gestion de ses propres émotions etc. Les comportements de l’adulte peuvent être le résultat de carences éducatives. Bien sûr cela ne veut pas dire que nous avons eu de mauvais parents, ils ont, pour la plupart fait de leur mieux avec les cartes qui étaient entre leurs mains. Mais comme tout parent, ils ont fait des erreurs et chacun de nous est un être imparfait tout comme le deviendrons nos enfants, il ne faut pas l’oublier.

L’exemple du prophète Muhammad sala Allah alayhi wa salam :

Nous remarquerons aussi que le prophète Muhammad SAWS par son comportement était un modèle de bienveillance y compris envers les enfants. En effet il se comportait envers eux avec patience et empathie, ne se montrait ni violent ni autoritaire mais au contraire permettait à l’enfant de s’exprimer au même rang que l’adulte. Comme cet enfant auquel il demanda la permission de servir des personnes âgées en premier : D’après Sahl ibn Sa’d (qu’Allah soit satisfait de lui) : « Le Messager d’Allah sala Allahu alayhi wa salam a amené une boisson dont il but avant de s’apprêter à servir le garçon à sa droite et les vieux qui étaient à sa gauche. Il demanda alors au garçon : « Me permets-tu de les servir les premiers ? ». Le garçon lui répondit : « Jamais je ne concéderai à quiconque la part qui, de droit, me revient de toi ». Le Messager d’Allah sala Allahu alayhi wa salam lui remit alors la boisson. (Boukhari).

Ou encore sa façon de jouer avec eux : Le Prophète attachait une grande importance aux jeux d‘enfants et il lui arrivait même de se joindre à eux dans leurs jeux comme en attestent plusieurs hadiths.

Soyons donc à son image et aidons nous des outils et conseils prodigués par les acteurs actuels de l’éducation afin de devenirs des parents mais surtout des êtres positifs et bienveillants !

 

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