Accueil Famille Éducation Zoom sur la psychomotricité : Rééduquer tout en jouant

Zoom sur la psychomotricité : Rééduquer tout en jouant

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Beaucoup de parents aimeraient se transformer en petite souris ou coccinelle, au choix, pour observer ce qui se passe durant la séance de psychomotricité. Mais que font leurs enfants ? La plupart du temps, quand ces derniers acceptent de se dévoiler, ils racontent simplement « on a joué ». Les parents souhaitent en savoir d’avantage. Naturellement, les enfants continuent dans leur lancée mystérieuse « au dobble, aux cartes, à jenga…». Voilà les parents bien plus avancés…

Comment ne pas mettre en doute le professionnalisme de ces thérapeutes pour enfants qu’on a envie d’assimiler à des animateurs tellement leur mallette est rempli de jeux, de balles et tubes à bulle (ah, ça, c’est moi) ? En quoi est-ce thérapeutique ? En quoi est-ce rééducatif ? Article écrit par Rokiyah HOSEN, psychomotricienne.

Et si on jouait aussi à la maison ?

Rappelons que le jeu est l’activité principale de l’enfant. Il est indispensable pour son développement psychomoteur, intellectuel, affectif et psychique.

Selon D. W. Winnicott, pédiatre, psychiatre et psychanalyste anglais :

« C’est le jeu qui est universel et qui correspond à la santé : l’activité de jeu facilite la croissance et par là même, la santé. (…) Ce qui est naturel, c’est de jouer. »

Pour l’enfant, le jeu est l’expression de son être et permet ainsi d’en savoir plus sur son imagination,  sa compréhension du monde et son mode de communication.

L’approche corporelle est la spécificité de la thérapie psychomotrice, elle prend donc en compte les acquisitions corporelles, les fonctions cognitives et les désirs de l’enfant. Ainsi, en psychomotricité, jouer ensemble donne des indices sur son potentiel psychomoteur comme sa motricité globale et fine, sa connaissance du corps ou bien son orientation dans l’espace-temps et sa façon d’être dans son environnement.

Le projet thérapeutique comprend le jeu. Le psychomotricien trouve le juste milieu et garde en tête les objectifs de rééducation à atteindre. Le bilan psychomoteur ayant mis au préalable en évidence les compétences de son jeune patient, le thérapeute va l’aider à vivre des expériences corporelles qui ont manqué, qui se sont transformées en blocage.

Maintenant que vous en savez plus sur la place du jeu en psychomotricité, je vais partager avec vous quelques jeux issus de ma pratique en libéral. Peut-être les regarderiez-vous avec un nouvel œil ?

Le Dobble

  • Nombre de joueurs : 2 ou plus.
  • Objectif : Repérer le symbole commun.

Le jeu a comme intérêt de travailler l’attention, la mémoire, la concentration et l’inhibition. L’enfant développe aussi l’exploration de son espace visuel associé au réflexe. Dobble permet d’en savoir sur la catégorisation et les associations de mots à travers le vocabulaire que l’enfant va utiliser spontanément pour être compris de tous les joueurs. Peut-être va-t-il répéter vos mots ?

Justement pour les plus jeunes enfants, il existe des versions kids avec des images d’animaux très chouettes (il n’y a plus d’images symboliques) et 1,2,3 sur les chiffres et formes géométriques.

Bazar Bizarre

 

  • Nombre de joueurs : 2 ou plus.
  • Objectif : Attraper le bon totem (ou les totems).

Encore un jeu de rapidité, mais cette fois=ci, il ne faut pas attraper ce qu’on voit sur la carte présentée au fur et à mesure : ni l’image, ni la couleur. Bazar Bizarre est un excellent jeu d’inhibition, les participants doivent apprendre à anticiper et contrôler leur geste afin de ne pas attraper le mauvais totem (et ne pas blesser les autres joueurs).

Il existe en version « Ultime » avec encore plus de possibilité ou plutôt de difficulté.

 

 

Triominos

  • Nombre de joueurs : 2 ou plus (ou seul, pourquoi pas ?)
  • Objectif : Avoir le maximum de points (mais, entre nous, la version domino est déjà très riche et intéressante)

Avec le triominos, on y travaille également l’attention, la concentration et l’exploration visuelle. L’enfant développe d’autres compétences comme la mise en place de stratégie d’organisation spatiale, de planification et la flexibilité mentale.

De même, triominos junior bien que destiné initialement aux plus jeunes offre une version colorée pour faciliter les repères spatiaux, est également à tester.

Jenga

  • Nombre de joueurs : 2 ou plus
  • Objectif : Ne pas faire tomber la tour

Excellent jeu de coordination oculo-manuelle et de motricité fine, Jenga demande beaucoup de dextérité et d’habileté. Il nécessite une bonne régulation tonique du corps en entier, de la station assise, des bras jusqu’au bout des doigts.

Il est possible de varier les règles du jeu en y collant par exemple des gommettes de couleurs aux extrémités des bâtonnets et de demander de retirer uniquement telle pièce ou bien de proposer de ne jouer qu’avec une main (pousser et tirer).

IQ fit

 

  • Nombre de joueurs : 1 ou chacun son tour
  • Objectif : Compléter les cases vides avec les pièces restantes

Un grand succès auprès des enfants et des parents. Le jeu est fourni avec un livret qui propose  des niveaux croissants. La difficulté est de passer de la 3D à la 2D pour commencer le puzzle, puis de le compléter uniquement en 2D afin de laisser le plateau à plat.

Le jeu demande un travail de coordination, de flexibilité et de rotation mentale notamment quand il s’agit de faire tourner la pièce dans sa main et aussi mentalement pour anticiper. Le jeu stimule la motricité fine et demande un maintien de la concentration.

L’avantage de la collection smartgame est sans aucun doute le jeu en solo et en autonomie. Les livrets fournis offrent des repères pour démarrer la partie et proposent des niveaux stimulants. L’enfant a le sentiment de progresser de page en page, il est motivé pour relever les défis, un peu comme avec les jeux vidéo (candy crush bonjour !).

Je n’ai volontairement pas donner de tranche d’âges afin de ne pas vous limiter dans votre plaisir, à vous de profiter des différentes adaptations.

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