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Sacrifice de l’Aïd : mon expérience, entre éthique et sunna

Sacrifice de l’Aïd : mon expérience, entre éthique et sunna

L’expérience du sacrifice de l’aïd

 

Pour celles et ceux qui ont décidé de sacrifier une bête pour l’aïd al adha (prévu le 4 octobre 2014 inchaAllah), nous avons voulu partager avec vous notre expérience… celle de l’abattage rituel avec éthique !

 

 

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Cet article est issu du n°3 d’ahly

L’aïd al adha est pour beaucoup une fête moins importante que l’aïd al fitr. En y réfléchissant, nous pouvons trouver trois grandes catégories de personnes face à la venue de cette grande fête annuelle avec chacune sa réaction :
1. « Ah c’est l’aïd aujourd’hui ?… »
2. « Faut pas que j’oublie d’aller commander mon mouton à la boucherie 2 mois à l’avance pour le récupérer le jour J dans des sacs tout prêt ( et puis à carrefour on m’a dit que je pouvais l’avoir en exclu la veille) »
3. « Je veux faire le sacrifice moi-même dans un abattoir même si je dois me rendre à 4h du matin à la ferme dans le Gers. »

Chez ahly, nous avons décidé de faire partie du 3ème groupe… oui, revivifier cette expérience unique d’Ibrahim (AS) et ainsi avoir une récompense pour chaque poil de la bête sacrifiée, accomplir un acte naturel, courageux et empli d’enseignements. Nous allons vous révéler une méthode qui laisserait perplexe ”l’oncle du bled” qui sacrifie depuis plus de 35 ans pour toute la famille. La méthode « Sam Kouka », ça vous dit quelque chose ? Fermier expérimenté des États-Unis dont la méthode se situe à mille lieux de ce que nous pouvons observer autour de nous en terme d’abattage rituel.
Avant d’aller plus loin, sachez que je n’avais trouvé la force auparavant, ni même songé d’immoler moi-même un mouton… qui plus est, depuis mon enfance j’ai un chat et je suis comme le dit mon épouse « l’ami des animaux ». En effet, je les trouve tous si mignons ! Bref…
Pour moi, cet acte était le rôle du père ou de l’once… et je suis devenu père et l’oncle trop occupé. Quelles solutions s’offraient donc à ma famille et moi ? Carrefour ? La boucherie du coin ? Ou bien je décide de « devenir un homme un vrai » ?
C’est à ce moment là que Sam Kouka intervient. Homme favorisant la consommation bio, le bon traitement des animaux, il nous rappelle que cet acte est tout d’abord une adoration qui se pratique avec force de spiritualité. Dans une de ses vidéo sur YouTube, il énumère quelques règles relatives pour être dans de bonnes conditions d’abattage :
1. Ne pas isolé la bête avant l’immolation car pour elle être hors du troupeau est facteur de stress.
2. Aiguiser parfaitement sa lame.
3. Ne pas montrer la lame à la bête.
4. Parler sereinement dans le creux de son oreille en évoquant Allah.

Finalement, on explique à l’animal que ceci est un ordre divin auquel il doit se soumettre, et que c’est une dérogation pour l’Homme. En effet, il n’est pas permis d’ôter la vie d’un être vivant sans raison valable qui ici est le sacrifice de l’aïd al adha. J’ai donc décidé de me lancer à l’image de cette méthode qui au fond n’est que celle enseignée dans la sunna. Le mot d’ordre était pour moi « respecter cet bête » !
Ce jour là j’étais accompagné d’une personne d’expérience qui voulait tenir et attacher les pattes fermement, je lui ai donc demandé si je pouvais essayer une autre manière de faire. Et à ce moment là, j’ai commencé par les invocations soufflées dans l’oreille de l’animal. L’effet fut immédiat et en quelques secondes l’agneau s’est littéralement offert au sacrifice : le museau relevé, les membres détendus et le rythme cardiaque bas. Ce moment était si beau, si grandiose… réellement enclin à la médiation, riche d’enseignements. Je pouvais lire dans l’attitude de cet animal : « tawwakaltou 3alAllah ». Et d’un coup, je ressenti une quiétude envelopper mon cœur, le reste de mes gestes fût alors simple, naturel et dénué de toute crainte. Je venais de réaliser pour la première fois la tradition du Bien aimé de Dieu, Ibrahim, que la paix soit sur lui. Je n’aurais jamais penser le faire, puis j’ai puisé la force dans le retour aux sources, à l’essentiel, la tradition…j’en ressort l’âme grandi, le cœur humble et fière de faire parti de ceux qui respectent l’animal en lui ôtant la vie au nom de Celui qui donne la vie.

PS : l’abattage se fait dans des conditions légales strictes à respecter. Certaines fermes sont habilitées à laisser les clients immoler eux-mêmes leur mouton.

Pour lire le magazine en entier cliquez ici ==> Ahly Mag n°3

Voici la vidéo qui m’a permis de tester la méthode ^_^

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