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Comment bien choisir son psy ?

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Psychological consultation

Vous avez décidé d’aller consulter un « psy » ou peut être hésitez-vous encore… Bien que suscitant toujours quelques appréhensions et réticences, l’univers « psy » a le vent en poupe. Aux thérapies classiques sont venues s’ajouter de nouvelles méthodes de prise en charge aussi diverses que variées (thérapies brèves, systémiques, gestalt, EMDR, TCC, etc.)  Le choix des professionnels dans ce domaine étant par conséquent exhaustif, comment s’y retrouver ? Pourquoi consulter et à qui s’adresser?

L’univers « psy », quelques repères pour bien choisir son thérapeute

Vous avez dit « psy »?

Tout d’abord, que met-on derrière le raccourci « psy » ? On me pose encore souvent la question sur la différence qui existe entre un psychologue et un psychiatre, commençons par cette distinction.

Rappelons donc que le psychiatre est un médecin spécialisé en psychiatrie qui traite les maladies mentales sévères telles que la schizophrénie, des troubles anxieux, troubles de la personnalité, la dépression… Il est ainsi à même de poser un diagnostic et de prescrire un traitement adapté. Certains psychiatres proposent une psychothérapie en complément de la médication, si ce n’est pas le cas elle peut être réalisée en collaboration avec autre professionnel qui interviendra sur ce champ. En France, pays où la consommation de psychotropes reste trop élevée, il me semble important de rappeler que la prescription bien que nécessaire dans les cas de pathologies avérées, n’est pas souhaitable face à d’autres situations « normales » et passagères que vous pouvez rencontrer au cours de votre vie tel un deuil, une séparation ou la perte d’un emploi dont la souffrance qui en résulte a d’avantage besoin d’être accompagnée qu’annihilée.

Le psychologue quant à lui est un professionnel ayant une formation de base en psychologie validée par un Diplôme d’État lui attribuant le droit d’exercer.

Les psychologues peuvent avoir des spécialités diverses en fonction de leur formation initiale (psychologie du travail, de la santé, neuropsychologie, psychologie clinique/ psychopathologie, psychologie interculturelle, etc.) ou des formations plus spécifiques validées par ailleurs. La profession est soumise à un code de déontologie, et le titre de psychologue est protégé par la loi, ce qui vous garantit une formation de base et des références théoriques sérieuses.

Parmi les « psy » vous trouverez également le psychanalyste, qui a suivi une formation théorique dans une école de psychanalyse et sur le plan pratique et a lui même suivi une analyse.  La psychanalyse permet un profond travail d’introspection afin de comprendre les causes de notre mal-être, vous trouverez de nombreux thérapeutes, psychiatres et psychologues ayant également le titre de psychanalyste ou ayant une pratique d’orientation psychanalytique.

Médecins, psychologues, psychanalystes peuvent également être psychothérapeutes. Ce titre protégé par la loi depuis 2012 et depuis lors soumis à des conditions strictes de formation et de pratique afin d’éviter les abus et les dérives,  il n’est donc plus possible de s’autoproclamer psychothérapeute. Par conséquent, fleurissent aujourd’hui un nombre considérable de psycho-praticiens en tout genre certains ayant une formation certifiée et d’autres non. Soyez donc prudents si vous n’avez aucune information sur ses diplômes et compétences.

Et enfin dans l’univers « psy » je demande…. le Coach ! La mode du coaching qui nous vient des États Unis séduit un grand nombre de personnes par les méthodes qu’elle propose qui se veulent rapides et efficaces dont l’objectif est le développement personnel. Le coaching étant souvent « vendu » à tort comme une recette miracle. On peut ainsi consommer du coach à toutes les sauces, dans l’univers de la nutrition, de la mode, du sport, on trouve aussi des psy-coach, des coachs de vie etc. Mais attention cette profession n’est aucunement réglementée par la législation française !

Encore une fois bien que vous puissiez trouver des professionnels très compétents, il n’en demeure pas moins que la prudence reste de mise. Tâchez de vérifier leurs qualifications ou leurs formations, ou de vous en référer un à un coach portant par ailleurs le titre de psychologue ou de psychothérapeute.

Dans tous les cas il est préférable de consulter un « psy » qui vous aura été recommandé par un relais de confiance et/ou un professionnel de santé plutôt que de vous tourner vers les pages jaunes.

N.B : seules les consultations chez le psychiatre sont aujourd’hui remboursées (en partie) par la sécurité sociale. Certaines mutuelles remboursent des frais de thérapie, n’hésitez pas à vous renseigner ! Par ailleurs vous pouvez bénéficier des consultations non payantes dans les services psychiatriques des hôpitaux et les CMP (centres médico-psychologiques dont vous trouverez les adresses dans les mairies).

 Quand consulter ?

Chacun d’entre nous va, à un moment donné de sa vie, rencontrer des difficultés. Ces difficultés d’ordre psychologique, relationnel, social, etc peuvent nous bloquer, nous donner un sentiment d’impuissance, de désespoir et engendrer une profonde souffrance. Peut alors se poser la question de faire appel à un « psy ».

Certains évènements, faisant partie du cycle de la vie, viennent modifier voire bouleverser notre existence (la vie à deux, la naissance du premier enfant et des suivants, la période d’adolescence, le départ de la maison,…) ces étapes viennent jalonner le parcours de vie et nécessitent de redéfinir les relations avec les autres afin de trouver un nouvel équilibre.

Nombreux sont ceux qui viennent me consulter à ces moments charnières de leur existence, lorsque le passage d’une étape à une autre aura généré une crise importante.

Parfois il s’agit d’évènements moins prévisibles et « accidentels » qui viennent perturber voire briser notre équilibre, tel que la perte d’un être cher, la perte d’un emploi, le vécu d’un traumatisme, des violences subies etc.

Le besoin de consulter peut également se faire sentir lorsque l’on se sent prisonnier d’une conduite addictive dont on souhaiterait pouvoir sortir (drogue, alcool, jeux,..).

Pour d’autres il s’agira de questions existentielles, d’un mal-être diffus que l’on parvient mal à nommer.

Les motifs de consultations sont ainsi très variés et il n’est pas question de les hiérarchiser. En effet, il n’y a pas de meilleure, de bonne ou de mauvaise raison de consulter. Lorsque vous prenez la décision de consulter c’est que vous espérez la prise en compte de votre difficulté, un soutien et surtout des solutions pour aller mieux.

Mon conseil : n’attendez pas que la situation s’enlise ou s’empire pour venir consulter !

La vie étant faite de hauts et de bas, on délaisse parfois l’idée de consulter dès que cela va mieux sans avoir réglé le problème qui risque de nous revenir de plein fouet comme cette prise de rendez-vous chez le dentiste qu’on a trop longtemps fait traîner et qui nous oblige à nous y rendre une fois la rage de dent déclarée. Bien qu’il ne soit jamais trop tard il est préférable de ne pas se laisser déborder, on n’est plus lucide et à même de changer de cap avant que le bateau coule. Ne vous habituez pas à des situations qui vous rendent malheureux, vous méritez tellement mieux !

N.B :  Peut-on parler de « bon » ou « mauvais» psy ?

Je répondrai oui, comme dans toute profession. Un « bon » psy c’est tout d’abord quelqu’un capable d’instaurer un cadre bienveillant à la rencontre, d’être à votre écoute sans jugement. C’est également quelqu’un qui au-delà de ses connaissances théoriques dispose d’un savoir-être et de méthodes qui vous permettent de vous sentir en sécurité, en confiance et surtout qui vous permettent d’avancer. N’oubliez pas qu’il s’agit avant tout d’une rencontre humaine et comme toutes les rencontres, sa réussite est soumise à une part de subjectivité liée au vécu et à la personnalité de chacun. C’est-à-dire que ça peut bien se passer avec vous mais pas avec une autre personne par exemple.

Généralement le premier rendez-vous consiste en un entretien d’évaluation de votre demande à laquelle le thérapeute sera à même de vous proposer des indications thérapeutiques ou sinon de vous orienter vers un confrère. Sautez le pas, cela n’engage à rien ! Par la suite,  si vous ne vous sentez pas à l’aise ou si des aspects de la thérapie ne vous conviennent pas il ne faut pas hésiter à en parler au plus tôt ou changer de thérapeute. Le processus thérapeutique ne sera bénéfique lorsque ces conditions seront réunies et il faut parfois plusieurs rencontres avant de trouver le « bon » thérapeute.

 Petit lexique des acronymes et certains types de thérapies :

Je pense que plus la « boite à outil » du « psy » est riche plus il sera à même de vous proposer la thérapie qui vous convient.

Pour y voir plus clair je vous propose un petit guide non exhaustif de différentes thérapies et orientations que vous pourrez trouver. Ces informations sont données à titre indicatif, je vous invite à approfondir la recherche dans les domaines qui vous intéressent.

  • Les TCC (Thérapies Cognitives et Comportementales) : axées sur l’analyse des comportements, pensées ou émotions qui génèrent de la souffrance, les TCC visent la compréhension des symptômes et la recherche de solutions concrètes pour y remédier avec des exercices pratiques à mettre en œuvre. Les nouvelles TCC (dites de 3e vague) utilisent diverses techniques (Thérapies basées sur la pleine conscience, thérapies d’acceptation et d’engagement etc.)
  • EMDR (Eye movement desensitization and reprocessing): la thérapie EMDR est une nouvelle approche de psychothérapie qui utilise la stimulation sensorielle des deux côtés du corps, soit par le mouvement des yeux soit par des stimuli auditifs ou cutanés, pour induire une résolution rapide des symptômes liés à des événements du passé. Plusieurs études contrôlées ont démontré l’efficacité de la thérapie EMDR pour la résolution les états de stress post-traumatiques.
  • PNL (Programmation neuro-linguistique) : la PNL est un ensemble de techniques de communication et de transformation de soi qui s’intéresse à nos réactions plutôt qu’aux origines de nos comportements. Elle propose une grille d’observation pour améliorer la perception que nous avons de nous-mêmes et des autres. Elle permet également de se fixer des objectifs et de les réaliser.
  • La thérapie d’orientation systémique : cette approche permet la compréhension d’un symptôme au regard des interactions de la personne avec son environnement (familial, social, etc.). Elle prend en compte la complexité du réel et s’appuie sur la notion de système comme un ensemble d’éléments en interaction : toute modification de l’un deux va entraîner une modification de tous les autres. En modifiant votre comportement, vous allez forcément provoquer du changement dans votre environnement. La plus répandue est la thérapie familiale systémique, qui va permettre de travailler sur les relations et les dysfonctionnements au sein de la famille.
  • La Gestalt Thérapie: la Gestalt-thérapie s’inscrit dans le courant de la psychologie humaniste, existentielle et relationnelle, elle vise à développer l’autonomie, la responsabilité et la créativité et s’intéresse aux interactions de l’individu avec ses environnements, qu’ils soient personnels, professionnels ou sociaux. Elle a de l’Homme une vision holistique et favorise le dialogue constant entre pensées, émotions et sensations corporelles.
  • L’Hypnose: Toutes les techniques d’Hypnose visent à produire un état modifié de conscience chez la personne, les différences sont dans les manières d’arriver à ce but et de l’objectif thérapeutique de cette intervention. Le patient, guidé par les paroles persuasives et évocatrices du praticien, plonge dans son inconscient pour y puiser de nouvelles ressources, choisir les solutions au problème qu’il veut résoudre et effectuer une transformation intérieure.

Pour conclure je dirais qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise approche ! La thérapie reste un processus complexe qui implique de nombreux facteurs autres que la méthode employée (le moment de la rencontre, la personnalité du thérapeute, vos résistances au changement, l’alliance thérapeutique qui va se créer ou non, etc).

Je vous souhaite la réussite dans votre démarche !

Pour aller plus loin : « Comment bien choisir son psy » de Sylvie et Pierre Angel,  Éditions Laffont,  1999.

Marie-Ange SENN-BENRAISSI, Psychologue

http://www.psychologue-paris-10.fr/

2 Commentaires

  1. Salem aleyki ma soeur.
    Très bon article mais ce qui est le plus difficile c’est de trouver le bon psy muslim. Peut-être peux-tu m’orienter Incha Allah. Je vis en région parisienne

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