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Intelligence émotionnelle, késako ?

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Il est devenu commun de nos jours de taire ses émotions. C’est une règle de vie commune dit-on, le b.a.-ba de la vie en société, un kit de survie indispensable en entreprise, dans nos familles ou encore dans nos associations.
Être en colère, c’est mal, disent certains. Pleurer devient même un signe de faiblesse de caractère pour d’autres. En entreprise, il faut se montrer pragmatique, performant, réagir sans affects ni émotions, au risque de se robotiser ; devenir cet Automate Humain rentable, fiable et productif.

Autant de lois du terrain et de croyances populaires qui finissent par couper l’individu de ce qu’il a au plus profond de lui, de cette vérité immuable, de cette température intérieure que l’on nomme à juste titre « l’émotion ».
L’émotion, c’est en quelque sorte, votre vérité propre, votre tableau intérieur aux mille nuances, cette information précieuse qui accompagne votre ligne du temps, les événements de vos vies, comme pour les colorer et leur donner leur teneur et leur saveur.
L’émotion, c’est l’expression de l’âme en quelque sorte, l’évaluation que le cœur et le corps font des événements vécus. Elle est souvent accompagnée de réactions physiologiques  telles que des joues qui rougissent, des mains moites, des battements de cœur soudainement plus rapides.
L’on pourrait philosopher longtemps sur une telle thématique, et les philosophies anciennes et contemporaines regorgent de proses et de rimes sur ce sujet, qui, somme toute, est une constante de la condition Humaine. Mais là n’est pas la question.

Ce qui interroge aujourd’hui, c’est notre capacité à entendre nos émotions, à les gérer, à les accepter comme étant une composante indissociable de notre être.

Heureusement, des voix s’élèvent de plus en plus dans nos sociétés pour parler d’intelligence émotionnelle, de ces millions de neurones implantés dans nos intestins qui sont les véhicules d’une intelligence différente, longtemps oubliée, cette intelligence du ressenti, de l’émotif.
A l’époque du culte du bien-être, du sourire à toute épreuve et du bien-paraître ; à l’époque où le mental prédomine et doit expliquer la vie à travers les seuls prismes de la logique et de la raison, tout l’enjeu de l’être humain qui aspire à l’harmonie est précisément de se reconnecter à ses émotions.
Se reconnecter pour revenir à soi, à son corps et à son cœur.
Se reconnecter aussi et surtout pour mieux gérer son être, gérer son stress, gérer sa colère, sa tristesse et préserver sa santé.
Oui, se reconnecter.

Pourquoi me direz-vous ?

D’abord, parce que les chiffres ne trompent pas ; ils sont même alarmants tant le stress est devenu LE mal du siècle, posant de réelles questions de santé publique en France et de part le monde.
Et il est particulièrement palpable dans le monde du travail. Dans un article écrit en 2010 et revu en 2012, le ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social publie des données effarantes:  « En 2007, l’INRS en collaboration avec Arts et Métiers ParisTech a évalué le coût social du stress en France à 
2 à 3 milliards d’euros (…) Parmi les pathologies liées au stress, ont été retenues les maladies cardiovasculaires (infarctus, maladies cérébrovasculaires, hypertension…), la dépression et certains troubles musculosquelettiques (TMS). Les maladies immunitaires, allergiques ou encore les désordres hormonaux sont en revanche exclus du champ de l’étude. Enfin, la dimension du coût pour l’individu, et en particulier la souffrance et la perte de bien-être que le stress occasionne, n’a pas pu être prise en compte. » .

Il est donc urgent de se reconnecter à soi, à ses valeurs, à ses missions de vie pour revenir sincèrement à DIEU et à ce qu’Il a fait de nous. Se reconnecter en revenant à des vérités essentielles :

L’émotion est une porte ouverte vers la connaissance de soi
Il est urgent de prendre à bras le corps nos émotions, urgent de les accepter et surtout d’apprendre à les décoder pour mieux agir et réagir dans notre quotidien.
Soyez donc bienveillants vis-à-vis de vous et faites taire votre juge intérieur. Soyez aussi heureux d’avoir en vous toutes cette diversité de messages et de signaux. Car toute émotion est porteuse d’information, il s’agit de laisser cette information arriver à la conscience, dans l’écoute la plus sincère en bannissant le jugement et le déni.
Parlons en de ces émotions :

Et si la colère n’était autre qu’un indicateur de votre justesse et de votre justice intérieure ? L’on peut se sentir en colère dans de nombreuses situations. Lorsqu’une valeur qui nous est chère a été dépassée ; celle du respect, celle de la dignité humaine, celle de la sincérité entre autres. Cette colère indique QUI nous sommes, les contours de notre personnalité, les limites à ne pas dépasser pour rester intègres, et elle peut s’avérer essentielle pour nous protéger de situations et de relationnels difficiles.
La colère est en réalité une énergie formidable que l’on peut réinvestir dans ses propres projets.
Faire de sa colère une « niaque », une « soif de réussite et d’excellence », un « boosteur » de performances, là est le chemin de l’épanouissement, du respect de soi et de l’Autre.

Dans le même registre, la tristesse n’est elle pas le début de votre sensibilité ? En vérité, la tristesse est une émotion aidante lorsqu’on lui laisse la place qu’elle mérite. Elle a du sens ; elle est l’accompagnante qui vous dit ce qui fait mal, ce qu’il faut soigner. Elle est l’indicateur, la sonnette d’alarme pour prendre soin de votre intériorité. Et certes si une plaie n’était pas accompagnée de la douleur, nous ne serions pas même capable de la localiser pour la soigner.

Et il en est ainsi de toutes nos émotions. Elles sont essentielles à notre adaptation au monde ; elles nous parlent, à nous de les écouter, à nous de les exprimer.

Exprimer ses émotions, c’est le début de la santé !

D’abord en prenant la pleine responsabilité de nos émotions. Si nous sommes en colère, nous en sommes les 1ers déclencheurs. Nous avons décidé d’être en colère ; notre façon de voir le monde en est pour beaucoup responsable.
Et c’est une bonne nouvelle, rassurez vous ! Car si nous en sommes déclencheurs, nous pouvons aussi en être les extincteurs. Celui qui a crée la flamme est plus à même de l’éteindre, n’est ce pas ? Alors, assumons nos responsabilités.
Ainsi, lorsque nous exprimons nos émotions comme étant nos propres réalisations, nous devenons réellement acteurs de nos vies.
Préférez ainsi dire « Je me sens en colère parce que je n’ai pas apprécié cette situation … » plutôt que « tu m’as mise en colère ». C’est là le début d’une communication non violente, où les émotions ne sont pas utilisées comme une arme de destruction relationnelle.

Une question de caractère, vraiment ?
Bien sûr, au sein d’une population, les niveaux de sensibilité peuvent être différents. Et l’on entend dire, de ci, de là, « tu es trop émotive ! », « quelle sensible celle là ! ».
Il existe aussi des différences d’émotivités en fonction de l’âge, du sexe ou même de l’origine culturelle.
Pour connaître vos sensibilités et affiner votre connaissance de soi, un stage de développement personnel, un test de personnalité ou une formation en communication non violente peuvent être opportuns. Ces occasions seront idéales pour renforcer votre intelligence émotionnelle, autrement dit, votre faculté à percevoir vos émotions, à les comprendre, à les gérer pour les réinvestir dans le bien de vos projets, de votre couple et de votre famille.

Ghyslène Khanfouss

coach de performances

1 COMMENTAIRE

  1. Etant très émotive c’est devenu un handicap lourd et aperçu comme une faiblesse dans le monde du travail. J’ai l’impression de perdre pied et de ne plus rien gérer!

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